Blogue officiel Tourisme Saguenay−Lac-St-Jean

Pour finir là où tout a commencé

C’est en criant de surprise et de plaisir que ce groupe scolaire a accueilli la visite d’un petit rorqual.

La naissance de la Nouvelle-France et, conséquemment, du Québec et du Canada, est survenue avec l’installation européenne à Tadoussac en 1600. Tout a commencé à Tadoussac et c’est toujours avec émotion ainsi qu’émerveillement que j’y mets les pieds.

En plus, Tadoussac est lové au creux d’une baie infiniment pittoresque et en un point de rencontre incroyablement stratégique à plusieurs points de vue. À l’amorce de la Route des fourrures qui conduit jusqu’à la baie d’Hudson, l’endroit fut pendant des siècles le rendez-vous des Premières nations du Nord et de celles du Sud du Saint-Laurent. Et cela parce que, géographiquement, Tadoussac se trouve à la rencontre du fjord du Saguenay, le Chemin qui marche, et du fleuve Saint-Laurent. Mais, ce n’est pas tout. En plus, à cause de la muraille de moraine que les glaciers ont poussée devant l’embouchure du fjord, tout le krill qui arrive avec les eaux froides du courant du Labrador est bloqué devant Tadoussac et les baleines viennent ici en  nombre pour se remplir la panse et donner aux visiteurs le spectacle le plus grandiose qui soit.

J’aime Tadoussac profondément ! J’y viens le plus souvent possible. Je ne m’en lasse pas. Je m’isole dans mon petit coin secret où je plonge dans la foule bigarrée où j’entends toutes les langues puisque ce petit village attire des touristiques de vraiment partout dans le monde.

En randonnée sur la plage, au pied des dunes.

Malheureusement, je constate encore une fois que la plupart des visiteurs, même ceux qui séjournent ici, profitent bien peu des charmes du village et, surtout, de la nature spectaculaire qui l’entoure. Les gens défilent sur la rue du Bord-de-l’Eau, relaxent sur les terrains de l’Hôtel Tadoussac qui demeure l’image de marque de la destination et marchent d’une boutique à l’autre. C’est super ! Toutefois, avec un minimum de curiosité, il s’en trouve pour découvrir les nombreux sentiers de randonnée qui permettent de découvrir un Tadoussac tout autre. Tout près du quai, le sentier de la Pointe-de-l’Islet est accessible à tous et permet vraiment d’apprécier les proportions monumentales de la confluence du Saguenay et du Saint-Laurent. Et il ne faut pas hésiter à sortir des passerelles pour aller sur les rochers de la Pointe de l’Islet, tout près de l’eau, où il faut être vraiment malchanceux pour ne pas apercevoir des bélugas et des petits rorquals en plus de la circulation maritime. J’aime beaucoup le court sentier de la Coupe qui va du bout de la rue de la Coupe-de-l’Islet au stationnement du Parc national du Fjord-du-Saguenay, près du quai du traversier. On y a une vue magnifique sur le fjord. La plus belle vue qui soit sur le village, la baie, l’estuaire du Saguenay et le Saint-Laurent, on l’obtient sur le sentier Le Fjord, à partir du mont Adéla-Lessard. Le départ se trouve en face du stationnement du parc, à côté de la pisciculture. Il s’agit de la première partie d’un sentier de longue randonnée. Elle fait à peine 2 km mais est très escarpée et assez difficile. Il faut aussi découvrir le secteur des dunes de sable, au bout de la rue des Pionniers et du chemin du Moulin-à-Baude. Je vous recommande chaudement la descente vers la plage à partir de la maison des Dunes et une marche vraiment agréable, surtout avec les enfants.

Le Camping Tadoussac offre le plus beau point vue qui soit à partir d’un terrain de camping.

Quant à moi, hier, je me suis installé au Camping Tadoussac qui, de l’avis général, est le camping qui offre le plus beau point de vue au Québec. Et je suis d’accord.  Je n’ai pas pu m’empêcher de retourner faire une excursion aux baleines. Ça fait 100 fois mais je ne me tanne pas. Et il faisait tellement beau ! Je suis monté à bord du Tadoussac III du Groupe Dufour, un bateau que j’apprécie beaucoup parce qu’il représente le compromis idéal entre les gros navires d’observation et les petits pneumatiques. Mais, une chose est certaine, vous avez autant de chances de voir des baleines peu importe la grosseur du bateau. La saison des baleines commence à peine et nous ne sommes pas encore dans la meilleure période puisque les grands rorquals ne sont pas encore arrivés. Dès le départ, de nombreux bélugas sont apparus dans les eaux voisines du bateau. Il est interdit de courir après les bélugas, cependant, si les bélugas viennent autour, on ne peut pas les chasser et autant en profiter pour les admirer s’ébattre avec leurs bleuvets. Plus loin, notre embarcation côtoyait un pneumatique rempli d’un groupe scolaire. Les cris des jeunes observateurs ont bien traduit leur surprise et leur ravissement lorsqu’un petit rorqual est apparu tout près d’eux. Un seul grand rorqual s’est manifesté mais, au total, ce fut une belle sortie qui s’est terminé dans le fjord.

Et une fin parfaite pour cette Grande Virée 2011 que je vous remercie d’avoir suivi avec autant d’intérêt dans Le Quotidien, à CBJ Radio Canada avec Doris Larouche, au FM 98 avec Myriam Segall, sur le blogue des Géants de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que sur ma page Facebook. Ce fut merveilleux de partager mes plaisirs avec vous. À bientôt !

Le plus ancien camping au Québec ?

Un des nouveaux emplacements de camping rustique du parc et sa vue imprenable.

Alors que le parc national du Fjord-du-Saguenay vient de terminer l’aménagement d’une dizaine d’emplacements de camping aux abords de la plage de la baie Sainte-Marguerite, les archéologues confirment qu’on pratiquait déjà le camping sur ce site il y a 8000 ans. S’agirait-il du plus vieux camping du Québec ?

La vue de l’embouchure de la rivière Sainte-Marguerite et de sa baie de merveille est une des plus belles choses qu’il soit donné à l’humain d’apprécier ; un des paysages les plus bouleversants sur le fjord ; une pure splendeur naturelle. La rivière elle-même, au fond de sa vallée majestueuse, a de quoi émouvoir les spectateurs les plus insensibles par son envergure et sa fougue. La baie qui s’emplit et se vide au rythme des marées, s’ouvre sur le fjord en un large tableau sur lequel se peint l’île Saint-Louis, la Petite-Île, l’île Saint-Barthélemy et les grands caps qui se fondent dans le coucher de soleil. Oui, j’ai un attachement très fort envers la baie Sainte-Marguerite que j’ai découverte lors de la toute première sortie de ma vie en kayak de mer, il y a près de 25 ans. Mes plus beaux souvenirs de camping sont liés à cet endroit magique, plein de fantômes et dont le paysage est en perpétuel mouvement. Aujourd’hui, il n’est plus possible d’accéder à ce secteur en kayak à cause d’une zone de protection du béluga qui couvre l’embouchure de la baie Sainte-Marguerite et où la navigation est interdite. Mais, le même terrain de camping où nous plantions autrefois nos tentes et que j’ai toujours considéré comme le site de campement le plus extraordinaire qui soit, est à nouveau offert aux adeptes de camping rustique. Le paysage est toujours aussi exceptionnel, la plage aussi grandiose et l’endroit aussi riche en histoire. Même plus encore !

Une redécouverte

Bien peu de gens connaissent la baie Sainte-Marguerite et c’est normal puisque ce site de rêve a été réservé à quelques pêcheurs jusqu’à l’avènement du parc national du Fjord-du-Saguenay qui nous permet maintenant d’y accéder. L’implantation du parc s’est faite lentement mais il propose désormais un programme de découvertes et d’activités extrêmement intéressant. Le parc, dans le secteur Sainte-Marguerite, a commencé par développer la randonnée pédestre et il compte maintenant un magnifique sentier de longue randonnée avec refuges, le sentier Le Fjord, qui se rend ultimement jusqu’à Tadoussac. Avec l’aménagement de son centre de découverte et de services, le parc s’est donné la mission de mieux faire connaître le béluga qu’on observe presque quotidiennement à l’embouchure de la baie Sainte-Marguerite. On peut donc faire à pied ou à vélo le premier segment du sentier Le Fjord (6,4 km aller-retour) et se rendre jusqu’à la halte du béluga, un belvédère ou un naturaliste répond aux questions des visiteurs sur les bélugas qu’on peut apercevoir.

Le directeur du parc national du Fjord-du-Saguenay, Daniel Groleau, observe un des sites de fouilles archéologiques avec la naturaliste Yana Desautels

Sur ce même sentier, les visiteurs découvrent les traces d’une occupation industrielle qui remonte au début du 20e siècle. À ce moment, le village de Bay Mill et son moulin à scie occupait une grande partie du plateau. On trouve encore dans les sous-bois des bouilloires et un four servant à produire la vapeur qui faisait tourner le moulin ainsi que plusieurs autres signes de la présence industrielle.

Du nouveau

On se rend également à pied ou en vélo aux nouveaux sites de camping où les chanceux campeurs profitent d’une superbe salle communautaire. Je vous dirais bien lequel est le plus beau mais je le garde pour moi ! J’ai des droits acquis sur la place après tout !

L’autre nouveauté dans le secteur, c’est l’étonnant résultat de fouilles archéologiques récentes menées par une équipe de l’UQAC qui ont démontré que la baie Sainte-Marguerite était fréquentée en hiver, il y a entre 6000 et 8000 ans, par des  Amérindiens du sud du Saint-Laurent qui y chassait le phoque du Groenland. Le niveau du Saguenay était de près de 40 m plus élevé qu’aujourd’hui et c’est donc sur des terrasses élevées qu’on a mis à jour 320 000 pièces dont plusieurs artefacts impressionnants que vous pourrez voir dans le cadre d’une activité d’interprétation, tout comme les sites où ils ont été trouvés.

Pour les pêcheurs, je mentionne en terminant que le secteur de pêche du parc, situé à une trentaine de km de la baie, vient d’être rouvert après plusieurs années de fermeture. Cinq lacs sont accessibles, le nombre de chaloupes louées par lac est très restreint et la pêche semble bonne. C’est le temps d’en profiter.

Plus belle que jamais !

Vue du belvédère du chemin de l’anse d’en Haut, une des plus impressionnantes sur tout le fjord

Elle se dit la perle du Saguenay mais, pour moi, elle reste la carte postale, l’image de marque, l’étape incontournable dont peu de gens savent profiter.

Ils viennent d’Europe, de tout le Québec, de la région et du monde entier. Ils arrivent en autocar, en moto pétaradante, en voiture décapotable et parfois à vélo. Ils savent tous que Sainte-Rose-du-Nord vaut largement le détour. Ils ont entendu parler de la vue grandiose sur le fjord du Saguenay et des charmes irrésistibles du village. Mais, en très grande majorité, ils ne font pourtant que passer. Ils descendront de leur véhicule pour prendre quelques photos aux alentours du quai et aller à la toilette. Au mieux, ils mangeront une crème molle au restaurant 3G et ils iront voir les créations des artisanes. Autrement dit, ils passeront à côté du meilleur même s’il n’y a que quelques pas à faire pour le découvrir.

Sainte-Rose-du-Nord était toute belle sous le soleil hier. Toute paisible en ce début de saison. Comme je l’aime. Ainsi que devraient le faire tous les voyageurs en VR (comme tous les voyageurs en général) je me suis d’abord arrêté au bureau d’information touristique où il est possible de stationner durant 4 heures et où, si on le demande, on nous expliquera qu’il y a plus que le quai à Sainte-Rose. Même si le quai est vraiment magnifique depuis qu’on l’a restauré avec son superbe pavillon couvert, ses bancs et ses tables de pique-nique.

Par un sentier dont le départ se trouve entre le restaurant et le quai, on accède en quelques minutes à un belvédère à partir duquel la vue s’ouvre à 180 degrés sur le fjord et porte du fond de la baie des Ha! Ha! jusqu’à la région des grands caps. Mais, la vue la plus extraordinaire, l’une des perspectives les plus grandiose de tout le fjord, on l’obtient des belvédères situés sur le chemin de l’anse d’en Haut. La côte est raide mais elle se grimpe sans problème, même à pied. On stationne au départ du sentier et, encore, quelques minutes de marche suffisent à atteindre ce belvédère et à découvrir le fjord dans toute sa magnificence.

Outre cela, je pense qu’il faut absolument visiter l’église de Sainte-Rose, qui recèle de pures merveilles d’une forme d’art difficile à qualifier mais qui reflète tout à fait le lien viscéral des Roserains avec la forêt. Idem avec le Musée de la Nature dont l’élément le plus fascinant reste Madame Villeneuve elle-même par sa passion du Saguenay et de sa nature.

Le Fjord Saguenay II fait escale à Sainte-Rose-du-Nord pour une croisière vers Rivière-Éternité et L’Anse-Saint-Jean

Sainte-Rose est également une des escales et un des points d’embarquement de la Marjolaine pour ceux qui veulent faire une croisière plus courte et profiter dès le départ des panoramas les plus spectaculaires sur le fjord. Jusqu’au 1er juillet, c’est le bateau-mouche Fjord Saguenay II qui assume le service, un bateau rapide qui donne la pleine vue sur le paysage avec ses parois vitrées et son pont extérieur.

Une pause au Café de la Poste ou sur la terrasse du resto-gîte Au Presbytère avant de repartir vers le camping et les boutiques. Je rencontre alors Monsieur le Maire Laurent Thibault, en grande conversation avec deux sages de la place. Il me rappelle une chose qu’il ne faut surtout pas oublier, l’étendue étonnante du territoire de Sainte-Rose qui englobe le secteur de Cap-au-Leste, en amont, ainsi que l’anse à la Mine et Tableau en aval. Je me retrouve dans son 4 X 4 en direction de Tableau que je n’avais pas vu depuis longtemps. L’endroit est toujours aussi éblouissant avec sa petite chapelle dont on célébrera le centenaire cette année. J’ai été très heureux de constater que l’accès au plus ancien quai du Saguenay est à nouveau ouvert. On développe également plusieurs sentiers de randonnée pédestre sur le territoire et les projets ne manquent de ce côté.

Gérard Duval tient le gîte de Monsieur le Maire dans l’anse de la Descente des Femmes

J’ai terminé la journée dans l’anse de la Descente des Femmes avec une vieille connaissance, l’ancien maire Gérard Duval, qui tient le Gîte de Monsieur le Maire. Toujours en grande forme à 82 ans, volubile comme jamais et amoureux fou de son village, Monsieur Duval reçoit lui aussi de nombreux Européens qui adorent sa compagnie, son gîte confortable, la vue sur le fjord et ses petits déjeuners qui, dit-il, font sa réputation. Il faudrait l’inventer s’il n’existait pas !