Blogue officiel Tourisme Saguenay−Lac-St-Jean

Plus belle que jamais !

Vue du belvédère du chemin de l’anse d’en Haut, une des plus impressionnantes sur tout le fjord

Elle se dit la perle du Saguenay mais, pour moi, elle reste la carte postale, l’image de marque, l’étape incontournable dont peu de gens savent profiter.

Ils viennent d’Europe, de tout le Québec, de la région et du monde entier. Ils arrivent en autocar, en moto pétaradante, en voiture décapotable et parfois à vélo. Ils savent tous que Sainte-Rose-du-Nord vaut largement le détour. Ils ont entendu parler de la vue grandiose sur le fjord du Saguenay et des charmes irrésistibles du village. Mais, en très grande majorité, ils ne font pourtant que passer. Ils descendront de leur véhicule pour prendre quelques photos aux alentours du quai et aller à la toilette. Au mieux, ils mangeront une crème molle au restaurant 3G et ils iront voir les créations des artisanes. Autrement dit, ils passeront à côté du meilleur même s’il n’y a que quelques pas à faire pour le découvrir.

Sainte-Rose-du-Nord était toute belle sous le soleil hier. Toute paisible en ce début de saison. Comme je l’aime. Ainsi que devraient le faire tous les voyageurs en VR (comme tous les voyageurs en général) je me suis d’abord arrêté au bureau d’information touristique où il est possible de stationner durant 4 heures et où, si on le demande, on nous expliquera qu’il y a plus que le quai à Sainte-Rose. Même si le quai est vraiment magnifique depuis qu’on l’a restauré avec son superbe pavillon couvert, ses bancs et ses tables de pique-nique.

Par un sentier dont le départ se trouve entre le restaurant et le quai, on accède en quelques minutes à un belvédère à partir duquel la vue s’ouvre à 180 degrés sur le fjord et porte du fond de la baie des Ha! Ha! jusqu’à la région des grands caps. Mais, la vue la plus extraordinaire, l’une des perspectives les plus grandiose de tout le fjord, on l’obtient des belvédères situés sur le chemin de l’anse d’en Haut. La côte est raide mais elle se grimpe sans problème, même à pied. On stationne au départ du sentier et, encore, quelques minutes de marche suffisent à atteindre ce belvédère et à découvrir le fjord dans toute sa magnificence.

Outre cela, je pense qu’il faut absolument visiter l’église de Sainte-Rose, qui recèle de pures merveilles d’une forme d’art difficile à qualifier mais qui reflète tout à fait le lien viscéral des Roserains avec la forêt. Idem avec le Musée de la Nature dont l’élément le plus fascinant reste Madame Villeneuve elle-même par sa passion du Saguenay et de sa nature.

Le Fjord Saguenay II fait escale à Sainte-Rose-du-Nord pour une croisière vers Rivière-Éternité et L’Anse-Saint-Jean

Sainte-Rose est également une des escales et un des points d’embarquement de la Marjolaine pour ceux qui veulent faire une croisière plus courte et profiter dès le départ des panoramas les plus spectaculaires sur le fjord. Jusqu’au 1er juillet, c’est le bateau-mouche Fjord Saguenay II qui assume le service, un bateau rapide qui donne la pleine vue sur le paysage avec ses parois vitrées et son pont extérieur.

Une pause au Café de la Poste ou sur la terrasse du resto-gîte Au Presbytère avant de repartir vers le camping et les boutiques. Je rencontre alors Monsieur le Maire Laurent Thibault, en grande conversation avec deux sages de la place. Il me rappelle une chose qu’il ne faut surtout pas oublier, l’étendue étonnante du territoire de Sainte-Rose qui englobe le secteur de Cap-au-Leste, en amont, ainsi que l’anse à la Mine et Tableau en aval. Je me retrouve dans son 4 X 4 en direction de Tableau que je n’avais pas vu depuis longtemps. L’endroit est toujours aussi éblouissant avec sa petite chapelle dont on célébrera le centenaire cette année. J’ai été très heureux de constater que l’accès au plus ancien quai du Saguenay est à nouveau ouvert. On développe également plusieurs sentiers de randonnée pédestre sur le territoire et les projets ne manquent de ce côté.

Gérard Duval tient le gîte de Monsieur le Maire dans l’anse de la Descente des Femmes

J’ai terminé la journée dans l’anse de la Descente des Femmes avec une vieille connaissance, l’ancien maire Gérard Duval, qui tient le Gîte de Monsieur le Maire. Toujours en grande forme à 82 ans, volubile comme jamais et amoureux fou de son village, Monsieur Duval reçoit lui aussi de nombreux Européens qui adorent sa compagnie, son gîte confortable, la vue sur le fjord et ses petits déjeuners qui, dit-il, font sa réputation. Il faudrait l’inventer s’il n’existait pas !

Tourisme aux extrêmes

Aux extrêmes du spectre touristique, il y a ceux qui carburent aux émotions extrêmes et ceux qui cherchent la paix extrême… Ceux qui bouffent de l’adrénaline et ceux qui mangent des légumes bio… Et les deux trouvent leur compte sur le chemin de la Pointe-aux-Pins, à Saint-Fulgence.
À une certaine époque, on disait du Cap-Jaseux que le bruissement des feuilles y reproduisait le son de discussions diffuses. Aujourd’hui, on entend clairement les cris, les éclats de voix et les rires des amateurs d’émotions fortes qui s’élancent sur les tyroliennes, font les équilibristes sur des objets en mouvement et courent sur un fil d’un arbre à l’autre, à une hauteur vertigineuse. Le Parc aventure Cap-Jaseux a fait sa marque en étant le pionnier des circuits d’Arbre en arbre au Québec et en innovant constamment afin d’augmenter le niveau du défi proposé. Ils l’ont fait encore récemment avec un nouveau parcours extrême, « à la limite du faisable », que l’équipe de jeunes encadreurs et le personnel du parc mettaient à l’essai hier. Il y avait donc beaucoup d’action, d’énergie et d’excitation dans les magnifiques sous-bois du Cap-Jaseux où l’on trouve désormais 4 parcours aériens pour toutes les clientèles, dont un frisson encore plus fort pour ceux et celles qui n’ont pas de bout.

Sur la via ferrata du Parc aventure Cap-Jaseux

À cela s’ajoute la très populaire via ferrata qui surplombe le fjord du Saguenay. De façon parfaitement sécuritaire, les visiteurs suivent un cordon métallique auquel ils sont accrochés et qui leur permet de se déplacer à flanc de montagne, entre le ciel et la mer. Chacun trouve son défi sur trois parcours et trois niveaux de difficulté.
Mais, historiquement parlant, il ne faut surtout pas oublier que le Parc aventure Cap-Jaseux était autrefois une ferme à la terre dénudée avant de devenir le domaine de villégiature de l’influente famille Murdock qui a laissé un aménagement forestier extraordinaire. On trouve ici de magnifiques sentiers de randonnée pédestre, des maisons juchées dans les arbres et des chalets, un beau camping avec services et un camping rustique très utilisé par les kayakistes. Le Cap-Jaseux reste un haut-lieu du kayak de mer sur le Saguenay et la pêche à la truite de mer y est excellente actuellement…

Aux bons jardins

Mariko Watanabe et Richard Lapointe accueille les visiteurs dans leur maison chaleureuse

Après les émotions fortes, l’heure est aux émotions douces au gîte Aux Bons Jardins qui offre le calme, l’authenticité, l’amitié, la simplicité et l’harmonie avec la nature. Mariko Watanabe et Richard Lapointe se sont installés à la fin des années 1970 aux creux d’une anse paisible, droit devant le fjord, sur la Pointe-aux-Pins. En pleine mouvance hippie, leur leitmotiv était l’autosuffisance alimentaire et, encore maintenant, ils sont fidèles au même objectif qu’ils maîtrisent avec autant d’expérience que de plaisir. Ils élèvent quelques animaux, dont des chèvres du lait desquelles ils tirent le fromage. Ils cultivent des arbres fruitiers, de la greffe à la récolte. Créent de grands potagers et préparent une foule de produits agroalimentaires. Ils font même boucherie à l’automne avec le cochon qu’ils engraissent.
À la proposition de visiteurs qui leur avait promis de revenir passer leurs vacances à Saint-Fulgence s’ils aménageaient un ancien bâtiment pour les abriter, ils ont commencé à accueillir des touristes, dont plusieurs visiteurs du parc national des Monts-Valin. Une seconde maisonnette avec deux chambres s’est ajoutée puis deux autres chambres dans leur maison chaleureuse. C’est ce qui compose le gîte Aux Bons Jardins qui a récemment mérité le prix du choix du public de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec.
Phénomène très intéressant, Mariko et Richard participent depuis plusieurs années au programme international WWOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms) qui consiste à offrir le gîte et le couvert à des voyageurs qui viennent de partout dans le monde et qui s’engagent à donner un coup de main à la ferme. Les séjours s’étirent idéalement sur quelques semaines et permettent aux visiteurs de faire un peu de tourisme tout en développant de forts liens avec ceux qui les accueillent. C’est le cas de Michèle Provencher, une jeune « wwoofer » de Montréal qui vient au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la première fois et qui n’hésite pas mettre la main à la pâte. « Ça nous permet de rencontrer des gens de partout et de nous faire de bons amis, » affirme Mariko Watanabe.

Des trésors à découvrir

Sur un territoire délaissé par les touristes et les Bleuets eux-mêmes, on trouve de véritables trésors naturels qui sont pourtant presqu’à portée de main. La chute Gagnon de Saint-Ambroise, le site de Chute-aux-Galets de Saint-David-de-Falardeau et le lac Tchitogama de Lamarche s’avèrent de pures merveilles qu’il faut découvrir.

Sur les hauteurs des rives escarpées du grand lac Tchitogama, Nicole Dupont et Reynald Lessard se sont bâti un nid de retraite confortable et spectaculaire pour le partager avec leurs visiteurs de partout dans le monde. Chaque fois que leur regard porte au loin, c’est ce lac incroyablement fabuleux, sauvage, majestueux et impressionnant qu’ils admirent. Le lac Tchitogama repose dans une faille parallèle au Saguenay et s’ouvre sur la Péribonka comme un bras de 15 kilomètres de longueur, perpendiculaire à la rivière. Paradis des pêcheurs, il devient de plus en plus celui des villégiateurs et, aussi, des kayakistes.

Nicole et Reynald de la résidence de tourisme Brise du lac

Nicole et Raynald sont tombés en amour avec le lac Tchitogama il y a déjà presque 30 ans alors qu’il on fait l’acquisition d’un petit chalet rustique incroyablement bien situé, sur la pointe de Rappel qui divise la rivière et le lac. Aujourd’hui, ils tiennent la résidence de tourisme Brise du Lac et proposent une formule de location d’appartement, sans repas, pour des séjours d’au moins quelques jours. Rattaché à leur maison, l’appartement moderne compte trois chambres et un espace cuisine-salon, sur trois étages, avec deux balcons et un spa intérieur avec vue. À cela s’ajoute l’accueil infiniment chaleureux de ce couple attachant qui souhaite ardemment faire partager sa passion envers le lac. Pour ce faire, ils offrent en introduction une longue balade en ponton d’un bout à l’autre du lac avec l’identification de tous les points d’intérêt. Les visiteurs pourront ensuite partir en kayak ou en canot pour aller grimper dans les cascades, prendre un bain de glaise et se baigner sous la chute, lézarder sur les plages ou taquiner le doré puis se laisser éblouir par le coucher de soleil. Pour s’y rendre, on traverse la municipalité de Lamarche et on continue tout droit, jusqu’après le camping municipal et le complexe touristique Scoobyraid.

Chute-aux-Galets

À quelques kilomètres de Saint-David-de-Falardeau, sur la rivière Shipshaw, le nom de Chute-aux-Galets est entré dans notre histoire à cause du barrage qui a été construit en 1921 à la décharge du lac Sébastien. Mais il y avait bien avant une chute impressionnante qui tombait d’une falaise de roche calcaire, d’où la référence aux galets. Cette formation ressemble d’ailleurs étrangement à certains paysages de l’île d’Anticosti avec son amorce de canyon, ses falaises abruptes et ses fossiles. En 1998, la municipalité de Falardeau a aménagé une passerelle qui permet d’enjamber la rivière Shipshaw et d’accéder à un sentier, ou plutôt un trottoir, de 1,2 km de longueur. La première section est même accessible aux poussettes mais un escalier assez vertigineux fait ensuite grimper les exigences. Le trottoir se poursuit jusqu’à un belvédère en face de la chute. Avec beaucoup de précautions, certains se rendent sur la formation rocheuse, encore plus près de la chute, et découvrent là un spectacle d’autant plus grandiose que la chute est actuellement plus grosse qu’elle ne l’a jamais été. Pour prolonger la randonnée, on peut poursuivre sur 3,8 km en aval de la rivière, en suivant la piste qui débute au bout de la passerelle, à gauche du trottoir.

Pour s’y rendre, on tourne à l’église de Falardeau et on roule jusqu’à la centrale électrique et encore un km plus loin, jusqu’au stationnement.

Caroline Boies admire le barrage et la chute aux Galets à partir du trottoir pédestre.

Caroline Boies admire le barrage et la chute aux Galets à partir du trottoir pédestre.

Chute Gagnon

Elle est moins connue, parce que le sentier y a été aménagé récemment, mais elle n’en est pas moins magnifique. Nous sommes encore sur la tumultueuse rivière Shipshaw. La municipalité de Saint-Ambroise a aménagé un superbe sentier de 2 km, facile et accessible à tous, qui longe la rivière et grimpe jusqu’au sommet de cette chute qui se distingue plus par sa configuration et sa largeur que par sa hauteur. La rivière se divise ici sur une île rocheuse que l’eau contourne avant de se précipiter dans quatre cascades puissantes en plus de la chute principale. Tout un spectacle qu’on contemple du gazebo sans se lasser. Surtout à ce temps-ci de l’année alors que la chute est au maximum de sa force.

Question pratique, je vous conseillerais de vous stationner sur l’emplacement qui se trouve à 100m du départ du sentier puis de faire un aller-retour. Vous pouvez aussi vous rendre au bout du chemin et accéder plus rapidement à la chute, mais laissez l’auto au stationnement, près de la grande pancarte. Le reste du chemin n’est pas vraiment carrossable, sauf en QUAD.

Pour vous y rendre, si vous venez de Saguenay, traversez Saint-Ambroise et continuez tout droit au stop au lieu de tourner vers Alma. Roulez 6 km sur le rang des Chutes puis tournez à droite en suivant les indications. Cent mètres plus loin, juste avant la courbe, vous vous engagerez sur un chemin de terre qui traverse le champ de patates. Suivez les indications jusqu’au sentier.

Les municipalités de Falardeau et de Saint-Ambroise présentent les sentiers sur leurs sites web et on peut avoir une carte du sentier de la chute Gagnon à l’Hôtel de ville de Saint-Ambroise.