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Le plus ancien camping au Québec ?
Alors que le parc national du Fjord-du-Saguenay vient de terminer l’aménagement d’une dizaine d’emplacements de camping aux abords de la plage de la baie Sainte-Marguerite, les archéologues confirment qu’on pratiquait déjà le camping sur ce site il y a 8000 ans. S’agirait-il du plus vieux camping du Québec ?
La vue de l’embouchure de la rivière Sainte-Marguerite et de sa baie de merveille est une des plus belles choses qu’il soit donné à l’humain d’apprécier ; un des paysages les plus bouleversants sur le fjord ; une pure splendeur naturelle. La rivière elle-même, au fond de sa vallée majestueuse, a de quoi émouvoir les spectateurs les plus insensibles par son envergure et sa fougue. La baie qui s’emplit et se vide au rythme des marées, s’ouvre sur le fjord en un large tableau sur lequel se peint l’île Saint-Louis, la Petite-Île, l’île Saint-Barthélemy et les grands caps qui se fondent dans le coucher de soleil. Oui, j’ai un attachement très fort envers la baie Sainte-Marguerite que j’ai découverte lors de la toute première sortie de ma vie en kayak de mer, il y a près de 25 ans. Mes plus beaux souvenirs de camping sont liés à cet endroit magique, plein de fantômes et dont le paysage est en perpétuel mouvement. Aujourd’hui, il n’est plus possible d’accéder à ce secteur en kayak à cause d’une zone de protection du béluga qui couvre l’embouchure de la baie Sainte-Marguerite et où la navigation est interdite. Mais, le même terrain de camping où nous plantions autrefois nos tentes et que j’ai toujours considéré comme le site de campement le plus extraordinaire qui soit, est à nouveau offert aux adeptes de camping rustique. Le paysage est toujours aussi exceptionnel, la plage aussi grandiose et l’endroit aussi riche en histoire. Même plus encore !
Une redécouverte
Bien peu de gens connaissent la baie Sainte-Marguerite et c’est normal puisque ce site de rêve a été réservé à quelques pêcheurs jusqu’à l’avènement du parc national du Fjord-du-Saguenay qui nous permet maintenant d’y accéder. L’implantation du parc s’est faite lentement mais il propose désormais un programme de découvertes et d’activités extrêmement intéressant. Le parc, dans le secteur Sainte-Marguerite, a commencé par développer la randonnée pédestre et il compte maintenant un magnifique sentier de longue randonnée avec refuges, le sentier Le Fjord, qui se rend ultimement jusqu’à Tadoussac. Avec l’aménagement de son centre de découverte et de services, le parc s’est donné la mission de mieux faire connaître le béluga qu’on observe presque quotidiennement à l’embouchure de la baie Sainte-Marguerite. On peut donc faire à pied ou à vélo le premier segment du sentier Le Fjord (6,4 km aller-retour) et se rendre jusqu’à la halte du béluga, un belvédère ou un naturaliste répond aux questions des visiteurs sur les bélugas qu’on peut apercevoir.

Le directeur du parc national du Fjord-du-Saguenay, Daniel Groleau, observe un des sites de fouilles archéologiques avec la naturaliste Yana Desautels
Sur ce même sentier, les visiteurs découvrent les traces d’une occupation industrielle qui remonte au début du 20e siècle. À ce moment, le village de Bay Mill et son moulin à scie occupait une grande partie du plateau. On trouve encore dans les sous-bois des bouilloires et un four servant à produire la vapeur qui faisait tourner le moulin ainsi que plusieurs autres signes de la présence industrielle.
Du nouveau
On se rend également à pied ou en vélo aux nouveaux sites de camping où les chanceux campeurs profitent d’une superbe salle communautaire. Je vous dirais bien lequel est le plus beau mais je le garde pour moi ! J’ai des droits acquis sur la place après tout !
L’autre nouveauté dans le secteur, c’est l’étonnant résultat de fouilles archéologiques récentes menées par une équipe de l’UQAC qui ont démontré que la baie Sainte-Marguerite était fréquentée en hiver, il y a entre 6000 et 8000 ans, par des Amérindiens du sud du Saint-Laurent qui y chassait le phoque du Groenland. Le niveau du Saguenay était de près de 40 m plus élevé qu’aujourd’hui et c’est donc sur des terrasses élevées qu’on a mis à jour 320 000 pièces dont plusieurs artefacts impressionnants que vous pourrez voir dans le cadre d’une activité d’interprétation, tout comme les sites où ils ont été trouvés.
Pour les pêcheurs, je mentionne en terminant que le secteur de pêche du parc, situé à une trentaine de km de la baie, vient d’être rouvert après plusieurs années de fermeture. Cinq lacs sont accessibles, le nombre de chaloupes louées par lac est très restreint et la pêche semble bonne. C’est le temps d’en profiter.
Tourisme aux extrêmes
Aux extrêmes du spectre touristique, il y a ceux qui carburent aux émotions extrêmes et ceux qui cherchent la paix extrême… Ceux qui bouffent de l’adrénaline et ceux qui mangent des légumes bio… Et les deux trouvent leur compte sur le chemin de la Pointe-aux-Pins, à Saint-Fulgence.
À une certaine époque, on disait du Cap-Jaseux que le bruissement des feuilles y reproduisait le son de discussions diffuses. Aujourd’hui, on entend clairement les cris, les éclats de voix et les rires des amateurs d’émotions fortes qui s’élancent sur les tyroliennes, font les équilibristes sur des objets en mouvement et courent sur un fil d’un arbre à l’autre, à une hauteur vertigineuse. Le Parc aventure Cap-Jaseux a fait sa marque en étant le pionnier des circuits d’Arbre en arbre au Québec et en innovant constamment afin d’augmenter le niveau du défi proposé. Ils l’ont fait encore récemment avec un nouveau parcours extrême, « à la limite du faisable », que l’équipe de jeunes encadreurs et le personnel du parc mettaient à l’essai hier. Il y avait donc beaucoup d’action, d’énergie et d’excitation dans les magnifiques sous-bois du Cap-Jaseux où l’on trouve désormais 4 parcours aériens pour toutes les clientèles, dont un frisson encore plus fort pour ceux et celles qui n’ont pas de bout.
À cela s’ajoute la très populaire via ferrata qui surplombe le fjord du Saguenay. De façon parfaitement sécuritaire, les visiteurs suivent un cordon métallique auquel ils sont accrochés et qui leur permet de se déplacer à flanc de montagne, entre le ciel et la mer. Chacun trouve son défi sur trois parcours et trois niveaux de difficulté.
Mais, historiquement parlant, il ne faut surtout pas oublier que le Parc aventure Cap-Jaseux était autrefois une ferme à la terre dénudée avant de devenir le domaine de villégiature de l’influente famille Murdock qui a laissé un aménagement forestier extraordinaire. On trouve ici de magnifiques sentiers de randonnée pédestre, des maisons juchées dans les arbres et des chalets, un beau camping avec services et un camping rustique très utilisé par les kayakistes. Le Cap-Jaseux reste un haut-lieu du kayak de mer sur le Saguenay et la pêche à la truite de mer y est excellente actuellement…
Aux bons jardins
Après les émotions fortes, l’heure est aux émotions douces au gîte Aux Bons Jardins qui offre le calme, l’authenticité, l’amitié, la simplicité et l’harmonie avec la nature. Mariko Watanabe et Richard Lapointe se sont installés à la fin des années 1970 aux creux d’une anse paisible, droit devant le fjord, sur la Pointe-aux-Pins. En pleine mouvance hippie, leur leitmotiv était l’autosuffisance alimentaire et, encore maintenant, ils sont fidèles au même objectif qu’ils maîtrisent avec autant d’expérience que de plaisir. Ils élèvent quelques animaux, dont des chèvres du lait desquelles ils tirent le fromage. Ils cultivent des arbres fruitiers, de la greffe à la récolte. Créent de grands potagers et préparent une foule de produits agroalimentaires. Ils font même boucherie à l’automne avec le cochon qu’ils engraissent.
À la proposition de visiteurs qui leur avait promis de revenir passer leurs vacances à Saint-Fulgence s’ils aménageaient un ancien bâtiment pour les abriter, ils ont commencé à accueillir des touristes, dont plusieurs visiteurs du parc national des Monts-Valin. Une seconde maisonnette avec deux chambres s’est ajoutée puis deux autres chambres dans leur maison chaleureuse. C’est ce qui compose le gîte Aux Bons Jardins qui a récemment mérité le prix du choix du public de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec.
Phénomène très intéressant, Mariko et Richard participent depuis plusieurs années au programme international WWOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms) qui consiste à offrir le gîte et le couvert à des voyageurs qui viennent de partout dans le monde et qui s’engagent à donner un coup de main à la ferme. Les séjours s’étirent idéalement sur quelques semaines et permettent aux visiteurs de faire un peu de tourisme tout en développant de forts liens avec ceux qui les accueillent. C’est le cas de Michèle Provencher, une jeune « wwoofer » de Montréal qui vient au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la première fois et qui n’hésite pas mettre la main à la pâte. « Ça nous permet de rencontrer des gens de partout et de nous faire de bons amis, » affirme Mariko Watanabe.
Ça sent l’été !
Hier, on aurait eu le goût de croire à l’été sur la plage du Camping Belley de Saint-Henri-de-Taillon. Quelques petites familles goûtaient le soleil et la chaleur, les filles affichaient leur nouveau bikini et les campeurs saisonniers avaient repris leurs habitudes de snowbirds.
L’est du lac Saint-Jean est une longue plage de sable fin qui s’étire du secteur Vauvert jusqu’à Saint-Henri-de-Taillon en passant par le parc national de la Pointe-Taillon. Du lever au coucher, le soleil réchauffe les eaux peu profondes et brille droit dans les yeux des vacanciers.
Camping Belley
La plage du Camping Belley accueille des milliers de personnes durant les belles fins de semaines d’été et le camping subit l’assaut des foules qui souhaitent y trouver un nid. Au point qu’on ne cesse d’agrandir le site, d’ajouter des places et de diversifier l’offre. Tout le monde connaît le Camping Belley, une entreprise familiale qui fait parti du paysage estival depuis 40 ans. Parti de rien, le camping abrite aujourd’hui plus de 300 emplacements pour tous les genres de clientèles et d’autocaravanes. Maxime Belley, un jeune gestionnaire qui voit grand, m’a fait faire le tour du proprio pour me montrer les nouveaux développements qui occupent une grande partie du terrain, en marge de la plage, et où se sont installés les propriétaires de gros VR et caravanes à sellettes. Plusieurs campeurs saisonniers, qui comptent pour 40 % des occupants, sont là depuis longtemps profitent de petits terrains boisés qu’ils ont aménagés et décorés à leur goût. Les visiteurs itinérants profitent d’emplacements extrêmement plaisants, avec 3 services, qui se trouvent directement sur la plage. Si bien qu’on a que quelques pas à faire pour plonger à l’eau ou déposer les kayaks. La vue du lac emplit toute les fenêtres du VR.
Mais il n’y en a pas que pour les motorisés, bien au contraire. Le Camping Belley offre de magnifiques sites ombragés et quelque peu en retrait aux adeptes de camping rustique. Et il fait beaucoup parler avec sa nouvelle section réservée au cyclo-campeurs, sur un monticule en plein centre du camping mais qu’on dirait complètement isolé. Certains cyclistes profitent d’une remise et un gazebo permet aux campeurs de s’abriter ou de réparer leurs vélos avec des outils qu’on leur fournit. La Véloroute, qui sera achevée dans les jours qui viennent, conduit directement au camping.
Parc national de la Pointe-Taillon
À quelques kilomètres de là, le parc national de la Pointe-Taillon se prépare lui aussi à recevoir des milliers de vacanciers sur sa plage extraordinaire. On termine d’importantes rénovations des bâtiments pendant que les interprètes testent leurs animations qui expliqueront aux visiteurs la formation du delta de la Pointe-Taillon. Mais, il y a bien plus que la plage dans ce secteur. On y propose une formule camping singulière et très appréciée, réservée aux amateurs de camping rustique, cyclistes ou kayakistes qui se dispersent le long de la plage, sur des sites tranquilles et souvent spectaculaires. Depuis peu, la formule « prêt à camper » en tente Uttopia y remporte un succès foudroyant comme l’explique le directeur du parc : François Guillot. « Il y a une demande incroyable pour ce camping facile et confortable où tout est fourni. C’est une nouvelle clientèle, principalement citadine et familiale, qui s’initie au camping avec l’Uttopia. » Rappelons que la tente Uttopia est une version sophistiquée de la tente prospecteur avec deux chambres et un espace salle à manger tout équipé (frigo, brûleurs, chauffage, vaisselle et le reste). On ne fournit que la bouffe… Le reste est « prêt à camper ».
Il faut aussi parler des magnifiques pistes cyclables qui franchissent ou qui font le tour de la Pointe-Taillon. On peut parcourir une quarantaine de kilomètres de sentiers infiniment plaisants, en gardant le lac à vue ou en traversant des écosystèmes variés et riches. Il est également possible d’utiliser les services d’une navette qui relie le village de Péribonka à la pointe Chevrette, à l’extrémité de la pointe Taillon. Ou bien, on suit le train de cyclistes de la Véloroute qui traversent ici une section incomparable du circuit et qui en profitent parfois pour faire une saucette. C’est ici que l’été se cache !




