Blogue officiel Tourisme Saguenay−Lac-St-Jean

Sur le toit du Royaume

Le belvédère du pic de la Hutte domine toute la région.

De presque partout au Saguenay, on aperçoit au loin un imposant massif qui culmine à près de 1 000 mètres d’altitude. Ce sont les fameux Monts-Valin avec leurs vastes espaces sauvages, leurs centaines de lacs et leu nombreux pics qui les couronnent.

Il y a déjà longtemps que les résidents du Royaume du Saguenay ont pris d’assaut l’immense territoire des Monts-Valin, à la fois si près et si inaccessible. Les mordus de pêche, amants de grande nature et amateurs de loisirs motorisés s’y sont installés au gré du réseau de chemins forestiers qui s’étendait. Puis les adeptes de raquette, de randonnée pédestre et de plein air en général on aussi découvert ici un terrain de jeu exceptionnel en hiver comme en été, pour sa neige abondante et les fantômes qui habitent ses hauteurs ainsi que pour la qualité des points de vue spectaculaires (15 sommets de plus de 900 mètres ) qu’on peut aller chercher d’un sommet à l’autre. Chaque type d’utilisateur trouve désormais sa place sur les monts alors que le parc national des Monts-Valin protège les milieux naturels les plus représentatifs au bénéfice des amateurs de plein air.

Du nouveau au parc

La pêche demeure l’activité maîtresse sur les Monts-Valin et même dans le parc. Il ne faut pas s’en surprendre quand on sait la multitude de lacs parsemés sur le territoire ainsi que les excellents résultats de pêche. Toutefois, pour les nombreux amants de randonnée pédestre, le parc national des Monts-Valin a toujours représenté une destination excitante et elle le sera de plus en plus. Déjà, il y a 30 ans, les fondateurs du club Les Randonneurs du Saguenay développaient le sentier du pic de la Tête de chien qui devient aujourd’hui l’amorce d’un premier sentier de longue randonnée qui va, à coup sûr, connaître une grande popularité.

Les Pics

Le sentier des Pics s’étire sur 20 km et offre comme principales caractéristiques sa dénivellation appréciable et le fait qu’il nous conduise d’un sommet à l’autre et donc, d’un point de vue à l’autre. Il révèle ainsi toutes les dimensions naturelles du territoire en permettant d’admirer l’ensemble de la région d’un seul coup d’œil ou en se concentrant sur la vallée monumentale du fjord, sur le massif montagneux lui-même, sur la forêt qui s’étend à l’infini et les lacs qui la décorent.

Les marcheurs vont profiter d’une variété de services qui leur permettront de parcourir tout le sentier en couchant dans des refuges. Ils pourront faire l’aller-retour (40 km) mais aussi, partir d’un bout ou l’autre en utilisant le service de navette et marcher léger s’ils le désirent, en demandant le transport des bagages. Le niveau de difficulté maximum sera pour ceux qui entreprendront la randonnée à partir du centre de services et qui affronteront une ascension quasi-constante.

Je n’ai pas pu parcourir tout le sentier puisqu’il n’est pas encore ouvert à cause de l’enneigement. Mais j’ai pu en faire un petit bout en compagnie de la coordonnatrice Josée Vincent, histoire de constater qu’il s’agit d’une piste vraiment agréable, étroite, dont l’aménagement reflète un grand respect de la nature. Les relais et refuges procurent un abri pratique et confortable dans le contexte. Et que dire des points de vue à couper le souffle qu’on contemple sans se lasser à partir des belvédères ? Le sentier des pics deviendra vitre la coqueluche des marcheurs.

Et le reste…

Le secteur des Méandres vu du Mirador

Et il ne faut pas oublier les autres sentiers pour autant, dont celui du Mirador, accessible à toute la famille et qui fait accéder à une perspective grandiose sur les méandres de la rivière Valin et le massif. La rivière sur laquelle on peut aussi faire de très belles promenades en canot ou en kayak.

Le parc national des Monts-Valin fait également la location de magnifiques chalets tout équipés (sauf la literie sur demande) ainsi que de quelques emplacements de camping rustique. Un petit secret ? Au bout du camping de groupe, L’Eau-Vive, on trouve un superbe emplacement double, très tranquille et juste au bord de la rivière.

Le camping reste dans la mire des responsables et il faut souhaiter des développements prochains qui permettront d’accueillir des véhicules récréatifs.

Alma sur le lac…

Son histoire, sa culture, son économie, son mode de vie, ses loisirs et ses plaisirs… l’île d’Alma se définit à partir du lac Saint-Jean et de ses décharges qui l’encerclent. On le découvre ou on le comprend mieux encore lorsqu’on visite le parc thématique L’Odyssée des Bâtisseurs et qu’on s’installe au complexe touristique Dam en Terre.

C’est le lac qui a fait naître Alma avec la construction du complexe hydroélectrique d’Isle-Maligne. C’est l’industrialisation conséquente qui l’a fait prospérer et c’est sans doute encore le lac qui a donné aux Almatois(es) cette personnalité qui m’a toujours semblée singulière.

L’Odyssée des Bâtisseurs

L'ancien château d'eau maintenant salle de spectacle

Les jours gris se prêtent merveilleusement à la visite des musées bien que celle de L’Odyssée des Bâtisseurs soit agréable par tous les temps puisqu’elle se déroule en partie en extérieur. Mais elle doit d’abord débuter par l’exposition permanente qui nous ramène en 1942 et, même, jusqu’en 1923 alors qu’on entreprenait l’érection du barrage d’Isle-Maligne. Je ne saurais assez vous recommander de vous joindre à un groupe afin de profiter de la compagnie d’un guide puisque L’Odyssée en compte d’excellents comme Vincent Nolin-Bouchard, dont la qualité de la performance m’a impressionnée, ainsi que Pierre-Olivier Gaumont, qui incarne avec humour et naturel le personnage de l’ouvrier Fernand Belley.

Cet été, L’Odyssée présente également deux expositions temporaires : Du coq à l’âme, réalisée par le Musée canadien des civilisations, révèle 400 ans d’art populaire alors que la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean a monté une exposition soulignant le 75e anniversaire de la caisse populaire Desjardins d’Alma.

Après ces visites instructives, on passe dehors, dans le parc thématique, pour une randonnée plaisante qui allie histoire, nature et activités ludiques pour les enfants. Cette marche culmine dans le château d’eau qui trône au cœur du parc et à l’intérieur duquel un tout nouveau spectacle multisensoriel intitulé L’aventure de l’eau est projeté sur 360 degrés. J’ai eu le privilège d’y assister en avant-première et je dois respecter l’embargo puisqu’il sera officiellement lancé la semaine prochaine. Je peux toutefois affirmer que les spectateurs ne seront pas déçus par cette production qui en met plein les yeux et plein les oreilles. L’émotion, l’action, la surprise, la nostalgie, le mouvement et les effets spectaculaires ou subtils sont au rendez-vous. Toutes les clientèles vont adorer à coup sûr.

La Dam en Terre

Les gens d’Alma sont chanceux d’avoir à deux pas de la ville un endroit comme le complexe touristique Dam en Terre qui leur assure un accès magnifique au lac Saint-Jean, la plage, la marina, la Véloroute et un camping parmi les plus beaux et les plus populaires de la région. Ils sont des centaines à se précipiter vers la Dam-en-Terre dès que le soleil se pointe le bout du nez et à faire de sa plage l’une des plus animées autour du lac.

Les touristes profitent aussi largement des installations et des services du complexe touristiques qui offre en location des chalets de diverses catégories, du rustique au condo familial jusqu’à la suite luxueuse. On affiche aussi un produit sur mesure pour les touristes et les visiteurs de la région qui ont le goût de s’offrir une belle soirée. Ça commence avec la croisière sur le bateau La Tournée, suivi du souper en table d’hôte 5 services et du théâtre d’été avec la pièce Un dix-huit trous pour quatre traduite de l’anglais par Serge Grenier.

Quant au camping, il compte 200 emplacements et n’accueille, à ma grande surprise, qu’une quarantaine de saisonnier. La majorité des campeurs sont donc des itinérants où, en bonne partie, des habitués fidèles qui se retrouvent ici avec famille et amis pour leurs vacances. Plusieurs emplacements permettent une vue exceptionnelle sur le lac et les îles alors que d’autres profitent de l’ombrage de la végétation.

L’entreprise Équinox Aventure, située à la porte d’entrée du complexe touristique, fait la location de vélo et de kayaks et organise des forfaits vélo sur la Véloroute avec transport de bagages, hébergement et assistance complète.

La Dam-en-terre : un camping et sa nature

Le bleuet à toutes les sauces

Dans la capitale mondiale du bleuet, le petit fruit est un symbole touristique, un attrait du terroir, un moteur économique et, surtout, un pur régal qu’on apprête à toutes les sauces.

Le Père Clément, Supérieur des Cisterciens Trappistes de Dobeau-Mistassini.

Enrobé dans le chocolat noir et habillé de sa boîte bleue, le bleuet devient un ambassadeur régional et une véritable bénédiction. Je me suis rendu au monastère des Trappistes de Dolbeau-Mistassini pour rencontrer le Père Clément, qui m’a longuement parlé de chocolat mais, aussi, de la vocation d’accueil du monastère cistercien. Effectivement, le monastère, qui se trouve sur la route de Saint-Eugène, accueille plusieurs voyageurs qui sont à la recherche de calme et de recueillement. « Pour certains, il s’agit d’une démarche religieuse mais nous ne posons pas de question à personne et tout le monde est bienvenue, peu importe ses croyances. » Qu’ils viennent simplement pour vraiment décrocher, pour une introspection personnelle ou pour avoir la paix, on propose aux visiteurs des chambres simples et doubles, sobres mais agréables, trois repas par jour pris dans le silence et une ambiance de recueillement qui n’exclut pas le recours à la parole. Les gens peuvent profiter du terrain magnifique, aller et venir à leur guise et participer aux offices s’ils le désirent. Et le chocolat dans tout ça. « Partout dans le monde, les moines doivent subvenir à leur besoin et nous avons eu recours aux produits agroalimentaires depuis des siècles. En Belgique, les bières Trappistes sont très réputées. Le fromage d’Oka est apprécié de tous. Et lorsque le chocolat aux bleuets arrive dans les marchés du Québec, c’est la fête chez les gourmands. On le vend en saison à la petite boutique du monastère, avec plein d’autres produits, et partout au Québec. Lorsque j’ai demandé au Père Clément si les moines ne sont pas un peu épicuriens à quelque part…? Le Supérieur a rougi sans répondre.

La Magie du Sous-Bois

Le bleuet à son meilleur.

Autre endroit où l’on célèbre le bleuet et la nature, c’est la bleuetière La Magie du Sous-Bois menée de main de maître par les sœurs Lucina et Mariette Beaudet. Sur la ferme ancestrale, Lucina s’occupe de l’immense bleuetière et des autres cultures, dont celle singulière de l’amélanchier que certains appellent la poire sauvage. Mariette, quant elle, s’occupe de la transformation en développant et en commercialisant une large gamme de produits savoureux : coulis, confitures, compotes au bleuet, framboise et amélanchier, et autres petits pots plus délicieux les uns que les autres. Parce qu’elles aiment le monde, les sœurs Beaudet ont ouvert un petit gîte de deux chambres mais, surtout, elles ont systématiquement aménagé tout l’immense territoire qu’elles possèdent pour en faire un incroyable centre d’interprétation du bleuet et de la forêt boréale. On y fait l’auto-cueillette et on randonne sur une dizaine de km de sentiers où toutes les plantes, les arbres et les fleurs sont identifiés. Il fallait voir hier les magnifiques trilles blancs et ondulés ainsi que les champs de plants de bleuets qui croulent sous les fleurs. La saison s’annonce bonne et La Magie du Sous-Bois recevra encore des touristes d’ici et de partout dans le monde qui viendront découvrir notre forêt, nos bleuets et ce qu’on peut en faire de mieux. Essayez le confit d’oignons à l’amélanche et vous m’en donnerez des nouvelles.

Vauvert

J’ai terminé ma journée au centre Vauvert sur le lac Saint-Jean, pensant profiter de la chaleur pour planter mes orteils dans le sable blond de la plage de 7 km de longueur. Mais le temps a changé du tout au tout et est devenu vilain. Mais quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un chantier bourdonnant avec une armée de travailleurs au branle bas général. On déroule le gazon, trace des sentiers, finit une passerelle, nettoie, plante, bulldoze et construit. On vient de terminer de superbes chalets doubles en surplomb sur le lac et on inaugurera cet été un grand camping dont les installations s’annoncent impressionnantes. Les nouveaux responsables du chalet mettent leur longue expérience au service de la relance du restaurant, proposent des brunchs dominicaux déjà populaires, du théâtre d’été et nombre d’activités qui feront de Vauvert l’un des points chauds sur le lac dans les semaines qui viennent.