Blogue officiel Tourisme Saguenay−Lac-St-Jean
Vadrouillage culturel – La rentrée en arts visuels
Le rentrée culturelle se poursuit. Après les lancements de saison des salles de spectacles de la région, c’est au tour des centres d’artistes de présenter leurs activités. Profitez donc du début de la saison pour inscrire ce genre d’événements à votre agenda. Toujours gratuit, souvent pertinent, parfois bouleversant, les galeries et centres d’artistes proposent certes une expérience différente, mais qui vaut la peine d’être tentée, après tout vous n’avez pas grand chose à perdre!
Déjà on a pu assister à un premier vernissage du côté d’Espace Virtuel, un centre situé dans le Cégep de Chicoutimi. L’exposition Se reconnaître mets en valeur les œuvres de cinq artistes. Elle pose un regard sur notre identité en tant que québécois, canadien et le rapport que nous entretenons avec celle-ci, impossible de ne pas se sentir interpellé.
Les œuvres sont très évocatrices, le triptyque de la décadence identitaire de Simon Beaudry en particulier. Celui-ci évoque des objets traditionnels qui ont été transformés en instruments de torture. Raquette-piège à ours, pipe-fusil et cuillères de bois garnies de clous, version image ou objet questionnent le rapport que nous entretenons avec la tradition. Frappant.
L’exposition se poursuit jusqu’au 16 octobre et constitue une bonne initiation pour quiconque ne fréquente pas beaucoup ce type d’établissement. Les connaisseurs y trouveront aussi leur compte.
Encore de la neige
Un des événements les plus attendus de l’automne est certainement le retour de Michael Snow dans la région. Près de 15 ans après sa dernière présence à la galerie Séquence, le multi-artiste octogénaire vient présenter une infime partie de son travail filmique, sous le titre Snow encore. Lui qui a déjà habité Saguenay, son grand-père Elzéar Lévesque a d’ailleurs été maire de la ville, se dit très heureux de ce retour et touché de présenter son travail dans une salle qui porte son nom: l’Espace Michael Snow.
Également musicien, sculpteur, photographe, Snow est reconnu comme un précurseur du film expérimental. Au cœur de cette exposition, sept projections sélectionnées avec soin, des œuvres récente réalisées au cours de la dernière décennie, dont une projection encore inédite Autour de l’île qui met en valeur le lac Clair de St-David-de-Falardeau. Le vernissage aura lieu vendredi et l’exposition se poursuit jusqu’au 4 décembre.
Pour finir là où tout a commencé

C’est en criant de surprise et de plaisir que ce groupe scolaire a accueilli la visite d’un petit rorqual.
La naissance de la Nouvelle-France et, conséquemment, du Québec et du Canada, est survenue avec l’installation européenne à Tadoussac en 1600. Tout a commencé à Tadoussac et c’est toujours avec émotion ainsi qu’émerveillement que j’y mets les pieds.
En plus, Tadoussac est lové au creux d’une baie infiniment pittoresque et en un point de rencontre incroyablement stratégique à plusieurs points de vue. À l’amorce de la Route des fourrures qui conduit jusqu’à la baie d’Hudson, l’endroit fut pendant des siècles le rendez-vous des Premières nations du Nord et de celles du Sud du Saint-Laurent. Et cela parce que, géographiquement, Tadoussac se trouve à la rencontre du fjord du Saguenay, le Chemin qui marche, et du fleuve Saint-Laurent. Mais, ce n’est pas tout. En plus, à cause de la muraille de moraine que les glaciers ont poussée devant l’embouchure du fjord, tout le krill qui arrive avec les eaux froides du courant du Labrador est bloqué devant Tadoussac et les baleines viennent ici en nombre pour se remplir la panse et donner aux visiteurs le spectacle le plus grandiose qui soit.
J’aime Tadoussac profondément ! J’y viens le plus souvent possible. Je ne m’en lasse pas. Je m’isole dans mon petit coin secret où je plonge dans la foule bigarrée où j’entends toutes les langues puisque ce petit village attire des touristiques de vraiment partout dans le monde.
Malheureusement, je constate encore une fois que la plupart des visiteurs, même ceux qui séjournent ici, profitent bien peu des charmes du village et, surtout, de la nature spectaculaire qui l’entoure. Les gens défilent sur la rue du Bord-de-l’Eau, relaxent sur les terrains de l’Hôtel Tadoussac qui demeure l’image de marque de la destination et marchent d’une boutique à l’autre. C’est super ! Toutefois, avec un minimum de curiosité, il s’en trouve pour découvrir les nombreux sentiers de randonnée qui permettent de découvrir un Tadoussac tout autre. Tout près du quai, le sentier de la Pointe-de-l’Islet est accessible à tous et permet vraiment d’apprécier les proportions monumentales de la confluence du Saguenay et du Saint-Laurent. Et il ne faut pas hésiter à sortir des passerelles pour aller sur les rochers de la Pointe de l’Islet, tout près de l’eau, où il faut être vraiment malchanceux pour ne pas apercevoir des bélugas et des petits rorquals en plus de la circulation maritime. J’aime beaucoup le court sentier de la Coupe qui va du bout de la rue de la Coupe-de-l’Islet au stationnement du Parc national du Fjord-du-Saguenay, près du quai du traversier. On y a une vue magnifique sur le fjord. La plus belle vue qui soit sur le village, la baie, l’estuaire du Saguenay et le Saint-Laurent, on l’obtient sur le sentier Le Fjord, à partir du mont Adéla-Lessard. Le départ se trouve en face du stationnement du parc, à côté de la pisciculture. Il s’agit de la première partie d’un sentier de longue randonnée. Elle fait à peine 2 km mais est très escarpée et assez difficile. Il faut aussi découvrir le secteur des dunes de sable, au bout de la rue des Pionniers et du chemin du Moulin-à-Baude. Je vous recommande chaudement la descente vers la plage à partir de la maison des Dunes et une marche vraiment agréable, surtout avec les enfants.
Quant à moi, hier, je me suis installé au Camping Tadoussac qui, de l’avis général, est le camping qui offre le plus beau point de vue au Québec. Et je suis d’accord. Je n’ai pas pu m’empêcher de retourner faire une excursion aux baleines. Ça fait 100 fois mais je ne me tanne pas. Et il faisait tellement beau ! Je suis monté à bord du Tadoussac III du Groupe Dufour, un bateau que j’apprécie beaucoup parce qu’il représente le compromis idéal entre les gros navires d’observation et les petits pneumatiques. Mais, une chose est certaine, vous avez autant de chances de voir des baleines peu importe la grosseur du bateau. La saison des baleines commence à peine et nous ne sommes pas encore dans la meilleure période puisque les grands rorquals ne sont pas encore arrivés. Dès le départ, de nombreux bélugas sont apparus dans les eaux voisines du bateau. Il est interdit de courir après les bélugas, cependant, si les bélugas viennent autour, on ne peut pas les chasser et autant en profiter pour les admirer s’ébattre avec leurs bleuvets. Plus loin, notre embarcation côtoyait un pneumatique rempli d’un groupe scolaire. Les cris des jeunes observateurs ont bien traduit leur surprise et leur ravissement lorsqu’un petit rorqual est apparu tout près d’eux. Un seul grand rorqual s’est manifesté mais, au total, ce fut une belle sortie qui s’est terminé dans le fjord.
Et une fin parfaite pour cette Grande Virée 2011 que je vous remercie d’avoir suivi avec autant d’intérêt dans Le Quotidien, à CBJ Radio Canada avec Doris Larouche, au FM 98 avec Myriam Segall, sur le blogue des Géants de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que sur ma page Facebook. Ce fut merveilleux de partager mes plaisirs avec vous. À bientôt !
Le plus ancien camping au Québec ?
Alors que le parc national du Fjord-du-Saguenay vient de terminer l’aménagement d’une dizaine d’emplacements de camping aux abords de la plage de la baie Sainte-Marguerite, les archéologues confirment qu’on pratiquait déjà le camping sur ce site il y a 8000 ans. S’agirait-il du plus vieux camping du Québec ?
La vue de l’embouchure de la rivière Sainte-Marguerite et de sa baie de merveille est une des plus belles choses qu’il soit donné à l’humain d’apprécier ; un des paysages les plus bouleversants sur le fjord ; une pure splendeur naturelle. La rivière elle-même, au fond de sa vallée majestueuse, a de quoi émouvoir les spectateurs les plus insensibles par son envergure et sa fougue. La baie qui s’emplit et se vide au rythme des marées, s’ouvre sur le fjord en un large tableau sur lequel se peint l’île Saint-Louis, la Petite-Île, l’île Saint-Barthélemy et les grands caps qui se fondent dans le coucher de soleil. Oui, j’ai un attachement très fort envers la baie Sainte-Marguerite que j’ai découverte lors de la toute première sortie de ma vie en kayak de mer, il y a près de 25 ans. Mes plus beaux souvenirs de camping sont liés à cet endroit magique, plein de fantômes et dont le paysage est en perpétuel mouvement. Aujourd’hui, il n’est plus possible d’accéder à ce secteur en kayak à cause d’une zone de protection du béluga qui couvre l’embouchure de la baie Sainte-Marguerite et où la navigation est interdite. Mais, le même terrain de camping où nous plantions autrefois nos tentes et que j’ai toujours considéré comme le site de campement le plus extraordinaire qui soit, est à nouveau offert aux adeptes de camping rustique. Le paysage est toujours aussi exceptionnel, la plage aussi grandiose et l’endroit aussi riche en histoire. Même plus encore !
Une redécouverte
Bien peu de gens connaissent la baie Sainte-Marguerite et c’est normal puisque ce site de rêve a été réservé à quelques pêcheurs jusqu’à l’avènement du parc national du Fjord-du-Saguenay qui nous permet maintenant d’y accéder. L’implantation du parc s’est faite lentement mais il propose désormais un programme de découvertes et d’activités extrêmement intéressant. Le parc, dans le secteur Sainte-Marguerite, a commencé par développer la randonnée pédestre et il compte maintenant un magnifique sentier de longue randonnée avec refuges, le sentier Le Fjord, qui se rend ultimement jusqu’à Tadoussac. Avec l’aménagement de son centre de découverte et de services, le parc s’est donné la mission de mieux faire connaître le béluga qu’on observe presque quotidiennement à l’embouchure de la baie Sainte-Marguerite. On peut donc faire à pied ou à vélo le premier segment du sentier Le Fjord (6,4 km aller-retour) et se rendre jusqu’à la halte du béluga, un belvédère ou un naturaliste répond aux questions des visiteurs sur les bélugas qu’on peut apercevoir.

Le directeur du parc national du Fjord-du-Saguenay, Daniel Groleau, observe un des sites de fouilles archéologiques avec la naturaliste Yana Desautels
Sur ce même sentier, les visiteurs découvrent les traces d’une occupation industrielle qui remonte au début du 20e siècle. À ce moment, le village de Bay Mill et son moulin à scie occupait une grande partie du plateau. On trouve encore dans les sous-bois des bouilloires et un four servant à produire la vapeur qui faisait tourner le moulin ainsi que plusieurs autres signes de la présence industrielle.
Du nouveau
On se rend également à pied ou en vélo aux nouveaux sites de camping où les chanceux campeurs profitent d’une superbe salle communautaire. Je vous dirais bien lequel est le plus beau mais je le garde pour moi ! J’ai des droits acquis sur la place après tout !
L’autre nouveauté dans le secteur, c’est l’étonnant résultat de fouilles archéologiques récentes menées par une équipe de l’UQAC qui ont démontré que la baie Sainte-Marguerite était fréquentée en hiver, il y a entre 6000 et 8000 ans, par des Amérindiens du sud du Saint-Laurent qui y chassait le phoque du Groenland. Le niveau du Saguenay était de près de 40 m plus élevé qu’aujourd’hui et c’est donc sur des terrasses élevées qu’on a mis à jour 320 000 pièces dont plusieurs artefacts impressionnants que vous pourrez voir dans le cadre d’une activité d’interprétation, tout comme les sites où ils ont été trouvés.
Pour les pêcheurs, je mentionne en terminant que le secteur de pêche du parc, situé à une trentaine de km de la baie, vient d’être rouvert après plusieurs années de fermeture. Cinq lacs sont accessibles, le nombre de chaloupes louées par lac est très restreint et la pêche semble bonne. C’est le temps d’en profiter.


